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Visages de l’effroi

Le musée de la vie romantique est fameux pour son café. Aux beaux jours, il fait la joie des visiteurs mais quand il fait froid… Le musée dépérit et c’est bien dommage. Il a tellement plus à offrir ! En ce moment, une très belle exposition s’y tient, nommée Visages de l’effroi.

Au programme : des œuvres saisissantes, que ce soit par leur sujet, l’attitude ou l’expression de leurs personnages. J’ai apprécié le découpage thématique du parcours. Il met en avant différentes sources d’inspiration, par exemple l’actualité ou la littérature, ainsi que divers procédés picturaux employés pour traduire de violentes émotions.
D’autres choix muséographiques m’ont moins convaincue. Ainsi, il n’y a pas de panneau explicatif apposé aux œuvres mais un livret d’informations dédié à chaque salle. Pour des raisons de confort, je n’ai jamais trop apprécié ce mode de présentation. Vous direz que je chipote mais en muséographie, ces petits panneaux soulèvent bien des questionnements. Le va-et-vient entre le texte et l’objet commenté va-t-il gêner ou fatiguer le visiteur ? Où placer le panneau ? Et que proposer au public malvoyant ? … Ce procédé me gêne d’autant plus que chaque salle ne dispose que de trois exemplaires de son livret. Cela me semble insuffisant, même pour un musée peu fréquenté.

Autrement, le musée de la vie romantique s’offre un beau parcours. On y trouve des œuvres emblématiques, telle La Mort de Marat par David et d’autres, moins célèbres mais tout aussi captivantes. Deux en particulier ont retenu mon attention. Un démon en bronze, assis, ses grandes ailes déployées comme un rempart entre notre regard et le sien. Rien d’arrogant dans ce démon mais une attitude profondément pensive et mélancolique. La seconde est un dessin très “politiquement incorrect” : un gredin aux cheveux hirsutes et à l’épée encore sanglante transporte une poignée de nourrissons, assassinés bien évidement. En guise de légende : “il emporte au logis dans des bras triomphants / tout ce qu’il a tué dans un jardin (?) d’enfants”. Ce dessin détonne dans notre société où l’infanticide a délaissé le cadre de l’art et des légendes pour celui des faits divers.

Enfin, le parcours est un peu alambiqué, du fait de l’étroitesse et de l’éparpillement des salles d’exposition. On commence dans un bâtiment puis on traverse la cour, on s’enfonce dans un escalier – attention, la pente est raide ! On en monte encore un dernier, en colimaçon, pour accéder à l’ultime salle d’exposition. Pour ma part, j’aime beaucoup ces espaces et ce jardin nichés dans la Nouvelle Athènes. Je leur trouve du charme. Avec ses murs violets ou verts bouteille et son atmosphère douillette, intime, on ne se croirait pas dans un musée mais plutôt dans un cocon isolé de l’agitation de la ville.

Pour les informations pratiques : c’est !

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  • peccadille

    13 décembre 2015 at 21 h 01 min

    J’ai été un peu déçue par cette exposition, qui s’inscrit dans la suite d’un grand cycle consacré au noir dans le XIXe siècle : L’ange du bizarre, Fantastique, l’estampe française au XIXe, Crimes et Châtiments, Odilon Redon… J’ai beau les avoir toutes vues, connaître la période, j’ai trouvé le propos difficile d’accès. Pour “comprendre” les oeuvres, il faut les replacer dans un contexte culturel complexe, appréhender des références littéraires subtiles… Or, les explications manquent à rendre ce contexte compréhensible au plus grand nombre. C’est dommage.
    Le catalogue est finalement plus intéressant que l’expo (même si les images y sont ridiculement petites) : c’est un catalogue d’essais plus qu’un catalogue d’expo !

    Comme toi, j’ai été gênée par les livrets de salle, trop peu nombreux (premier dimanche du mois, il y avait foule!)

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