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Talents à suivre

Hier encore, cet article n’existait pas. Je me suis promis de n’écrire que sur les exposition que j’aime – promesse difficile à tenir quand, pendant trois semaines, je n’en visite pas une seule qui me plaise.

Je ne citerai pas de nom car j’estime que même une expo décevante, même une mauvaise expo n’est pas une visite perdue. Au-delà du propos et de la muséographie, on peut trouver partout l’œuvre qu’on aimera.

Si vous aimez cet article, si vous connaissez quelqu’un qu’il pourrait intéresser, faites-lui plaisir : envoyez-le lui. 😉


J’ai été sauvée in extremis par le vernissage de l’exposition aux Ateliers de Paris. Cette exposition, c’est la consécration de six créateurs, lauréats des Grands Prix de la Création de la Ville de Paris. Trois catégories, chacune divisée en deux niveaux : mode, design, métiers d’art. C’est pour eux que je venais. Pour lui plutôt, Julien Vermeulen.

Julien Vermeulen, plumassier

On parle beaucoup de lui à l’agence où je suis en stage. Julien Vermeulen est un jeune plumassier follement talentueux. Son parcours est un sans faute : licence Arts plastiques et sciences des arts à la Sorbonne, BTS Design à Duperré, formé enfin au lycée Octave Feuillet, le dernier à enseigner la plumasserie.

Son atelier est tout jeune – il l’a fondé en 2014 – et déjà il réalise les plumets de la Garde Républicaine et collabore avec les maisons de haute-couture. Les vitrines Dior joaillerie, c’est lui ! Alors bien sûr, quand j’ai eu l’occasion de voir son travail en vrai, je me suis précipitée.

Son Bado Senshi est inépuisable. Baroque, mystérieux, inquiétant… Il éveille l’imagination comme une vieille légende. Fascinante, l’armure du samouraï est reconstituée jusqu’aux mitaines.

Armure qui n’est pas sans rappeler la dérisoire et si délicate camisole en ailes d’abeilles de Patrick Neu. L’une comme l’autre en imposent pourtant.

Octavio Pizzaro, styliste

Mon deuxième coup de cœur, découvert sur le tas, c’est Octavio Pizzaro, le lauréat mode niveau confirmé. Lui vient de Santiago du Chili où il a étudié les arts appliqués et le stylisme.

Il a ensuite complété ses études à l’Ecole de la Chambre Syndicale de Couture Parisienne et, depuis vingt ans, n’a plus quitté la France. Il n’oublie pas le Chili pour autant, qui tient une grande place dans ses collections. On trouve d’ailleurs un poncho dans l’exposition.

Ses créations m’évoquent irrésistiblement Azzedine Alaïa. Lui aussi sculpte des silhouettes longilignes, élancées. Il habille des femmes sexy et puissante ; ses vêtements dessinent des héroïnes.

N’y allez pas pour la muséographie. La lumière est crue et blafarde, la mise en scène minimale. Toutes les pièces sont disposées sur un long podium, les inventives boules de Noël Silex réalisées par le Studio Monsieur ne sont même pas suspendues.

Allez-y parce qu’ils ont du talent et que ce serait terriblement dommage de passer à côté.


Les lauréats des Grands Prix de la Création de la Ville de Paris, 4ème édition :

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