Comparaison : à gauche, ma broderie achevée du Strawberry Thief de William Morris. À droite, un détail de l'œuvre originale : j'ai isolé le motif que j'ai reproduit en broderie.

Le mystère du Strawberry Thief

Je viens tout juste de finir cette broderie au point de croix, adaptée du célèbre Strawberry Thief de William Morris.

Il y a quelques semaines, le confinement aidant, je me suis également mise à observer plus sérieusement les oiseaux qui viennent se poser à ma fenêtre. Avec l’application Merlin du Cornell Lab, c’est même très facile de les identifier : il suffit de répondre à 5 questions.

Mon bureau pendant le confinement et son mur de fenêtres, très pratique pour observer les oiseaux.

C’est donc tout naturellement que, contemplant avec satisfaction ma broderie achevée, je me suis demandée : mais au fait, le strawberry thief, c’est quoi comme oiseau ?

Merlin, l’application du Cornell Lab, permet d’identifier les espèces d’Amérique du Nord mais aussi d’Europe. Je vous propose de suivre pas à pas l’enquête que j’ai menée pour identifier l’adorable voleur de fruit.

Strawberry Thief, William Morris, 1883, conservé au Victoria & Albert Museum, Londres

1) Où avez-vu vu l’oiseau ?

Merlin permet de se géolocaliser ; on peut également indiquer un code postal, une région ou un nom de ville.

Je doute que Londres ait inspiré cette scène à William Morris. Ce que je sais en revanche, c’est qu’il a une maison de campagne dans l’Oxfordshire. C’est donc cela que j’indique.

Je suis à nouveau en pleine William-Morris-mania.

2) À quelle date l’avez-vous vu ?

Une rapide recherche me renseigne : la saison des fraises en Angleterre, c’est de mai à septembre. 

Je tape en plein milieu et choisis le 23 juillet.

3) Quelle taille fait-il ?

Là encore, je m’en sors avec une estimation : je compare la taille de l’oiseau à celle des fraises sur la broderie et décide qu’il est définitivement plus grand qu’un moineau, mais sans doute pas plus gros qu’un merle.

4) Dans quelle situation l’avez-vous vu ?

L’application propose une série d’options ; il faut n’en choisir qu’une :

  • Il se nourrit à une mangeoire,
  • Il est dans l’eau,
  • Il est posé au sol,
  • Il est dans un arbre ou un buisson,
  • Il est sur une clôture ou un fil électrique,
  • Il est en plein vol.

Facile : la “bonne réponse” est qu’il est dans un arbre ou un buisson.

5) Quelles sont les couleurs dominantes de l’oiseau ?

On peut renseigner jusqu’à trois couleurs. Me référant toujours à la broderie, je choisis le brun, le bleu et le orange.

Et c’est là que les choses se compliquent. Aucun des oiseaux de la liste qui m’est proposée ne présente ces trois couleurs.

Contrariée, je modifie plusieurs fois les paramètres de ma recherche :

  • la zone géographique, que j’élargis à toute l’Angleterre,
  • la date – je fais toute la saison des fraises,
  • les couleurs, dont j’alterne les combinaisons.

Sans succès.

J’en déduis finalement que le réalisme de la scène s’arrête avec les couleurs du plumage et cherche une autre caractéristique physique distinctive de mon oiseau. Le mouchetage sur son poitrail me semble un choix judicieux.

Bingo ! L’un des oiseaux présente effectivement un plumage similaire au niveau du ventre : le Song Thrush, grive musicienne en français.

Grive musicienne. Crédit photo : Simon Chinnery

6) Vérification de la théorie.

C’est l’heure de vérifier ma théorie. Nouvelle rapide recherche, plus sur la saison des fraises en Angleterre, mais directement sur le Strawberry Thief de William Morris.

C’est ainsi qu’après 20 minutes de recherche et réflexion, le tout premier paragraphe de la page Wikipédia de l’œuvre confirme que je ne me suis pas trompée : c’est bien une grive musicienne qui est représentée. 🙃

La marque DMC commercialise ce kit au point de croix du Strawberry Thief. Sont disponibles :

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