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La galerie Kugel

J’ai découvert la galerie Kugel en 2008, à l’occasion de l’exposition des bronzes du Prince du Lichtenstein. J’avais alors treize ou quatorze ans et pas tout à fait conscience de l’importance du lieu que je pénétrais. J’oubliai son nom mais restais longtemps hantée par le faste et la féerie de l’endroit. Dès mon emménagement à Paris, je me lançai éperdument à sa recherche, comme dans celle d’un amour perdu. En le retrouvant, je fus de nouveau époustouflée. Aujourd’hui, je ne me rends que rarement à la galerie. Ainsi, chaque visite provoque en moi le même enchantement, intact.

La galerie est tenue par Alexis et Nicolas Kugel, cinquième génération d’une dynastie d’antiquaires née en Russie au XVIIIème siècle. A mes yeux, elle tient plus d’un cabinet des merveilles que d’une galerie. Elle alimente les plus fameux collectionneurs, parmi eux : Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé, ainsi que les conservateurs des plus grands musées du monde. Depuis 2004, elle est installée Rive Gauche, dans l’hôtel Callot. Situé à deux pas du Musée d’Orsay, il fait face à la Place de la Concorde et au jardin des Tuileries. Il fut bâti en 1840 par le plus grand architecte de l’époque, Louis Visconti.

Quand Alexis découvre l’hôtel, “j’ai eu le sentiment d’avoir trouvé la maison idéale” confie-t-il. La galerie a bien ce charme du “comme à la maison” mais d’une demeure royale alors ! Seuls les rois et les empereurs peuvent se permettre d’acquérir tant de richesses et de laisser leurs visiteurs déambuler librement parmi elles. Ici, point de vitrines ni de cordons de mise à distance. On est au plus près des œuvres et on peut marcher sur les tapis et le parquet marqueté d’époque, qui grince délicieusement. Pour agencer les pièces, les Kugel ont fait appel au décorateur François-Joseph Graf. Chacune a son propre caractère mais toutes imposent le respect et un certain recueillement. La galerie Kugel est l’un de ces lieux rares qui offre au chaland la proximité avec les chefs-d’œuvre, bien plus que n’importe quel musée.

Souvenirs de la merveilleuse expo “Bestiaire mécanique”.

J’ai vu ici tant de splendeurs que la galerie me paraît le lieu de toutes les hyperboles. Elle est un don fabuleux, ne l’ignorez pas.

Le site de la galerie.

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