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Sérénissime !

 Vous êtes déçus de manquer le carnaval de Venise ? Consolez-vous : le musée Cognacq-Jay propose une exposition « Sérénissime ! Venise en fête de Tiepolo à Guardi ».

L’exposition s’ouvre sur un paradoxe : alors que son heure de gloire est passée et que sa puissance politique décroît depuis le XVIème siècle – depuis l’abdication du doge face à Bonaparte, le 12 mai 1797, celle qu’on appelle la « Sérénissime » n’est même plus une république -, Venise festoie comme jamais.
Qu’à cela ne tienne : dans toutes les classes sociales, l’allégresse règne. Les vénitiens jouissent à présent de la paix et d’une remarquable aisance économique. Les fêtes – publiques comme privées – se succèdent. Chaque jour, on célèbre un saint, un prince, une quelconque événement. Les cérémonies publiques et le carnaval en premier lieu attirent une foule cosmopolite. Les nobles se réunissent lors de bals et de concerts mais le peuple n’est pas en reste : il fréquente les débits de boisson et une joyeuse compagnie – dont les agréments se monnaient eux aussi…
Le pouvoir politique sait tirer profit de ce public international et du cadre spectaculaire de la cité. Les célébrations se déroulent en plein air et pour l’occasion, que l’événement dure plusieurs jours ou quelques heures à peine, la foule se presse aux balcons et on érige des monuments, des estrades aussi fastueux que temporaires.
 
C’est là que le musée commence à dévoiler ses faiblesses. Installé dans un ancien hôtel particulier, seul le rez-de-chaussée est consacré aux expositions temporaires : quatre salles en tout et pour tout. La première traite de la fête dans les différentes classes sociales, la seconde de la vogue pour le théâtre et l’opéra, la troisième de la mise en scène du pouvoir et la quatrième – et dernière – salle du fameux carnaval. On est bien invité en fin de parcours à poursuivre sa visite dans les étages, au sein des collections permanentes mais si la visite de ce musée intimiste est toujours exquise, seuls deux cartels concernent effectivement le thème traité par l’exposition.
Si le musée Cognacq-Jay parvient à dresser le portrait d’une ville et propose un état des lieux assez intéressant, il ne dispose pas de l’espace nécessaire pour dépasser ce stade et aucune analyse n’est véritablement entamée. Je reste donc sur ma faim, avec la sensation qu’un grand nombre de questions reste en suspens.
Quoiqu’il en soit, la visite de ce petit musée cosy est toujours un plaisir – surtout pour une fan de marqueterie comme moi. Elle s’achève cette fois dans les combles du bâtiment, transformés en studio photo. C’est désormais la tarte à la crème des expositions un peu cool : inviter le visiteur à se déguiser et prendre la pose. Je me prête au jeu – ici fort à propos – et enfile un des costumes réalisés par l’atelier de la Goutte d’Or. Si je n’en sors pas beaucoup plus savante, cette visite m’a égayée et donné l’impression de profiter un peu, moi aussi, du célèbre carnaval de Venise.

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