museum-histoire-naturelle-paris-taxidermie-histoire-techniques-metier-taxidermiste-jack-thiney

Le métier de taxidermiste

Le métier des taxidermiste est à cheval entre les sciences et les arts. On parle de métier de l’artisanat d’art. Le taxidermiste allie de nombreux savoir-faire. Il est à la fois sculpteur, dessinateur, éthologue, zoologue, chimiste – pour recolorer les poissons et les reptiles, etc…
Lorsqu’il met au point la structure de l’animal, le taxidermiste recherche la posture la plus juste et la plus typique. L’objectif est de reproduire une pose caractéristique et non de figer l’animal dans une situation qui relève du cliché. En d’autres termes, la taxidermie du loup n’est pas faite pour effrayer mais pour présenter une position que le loup, de son vivant, pourrait adopter. Pour ce faire, il étudie les différentes attitudes de l’animal, ses habitudes et son anatomie. Est-il plutôt gauche ou léger, dans quel milieu évolue-t-il, quels mouvements ses muscles effectuent-ils…? Autant de questions que l’artisan doit se poser avant de se lancer dans l’élaboration de la structure.

Le terme de taxidermiste rassemble en fait deux réalités très différentes. D’une part, les taxidermistes dans les musées , d’autre part ceux qui œuvrent dans le secteur privé. Les premiers ont le droit de naturaliser toutes les espèces ; les seconds, les animaux domestiques et rapportés de chasse uniquement.

Dans les musées, le métier de taxidermiste est de plus en plus tourné vers la conservation des collections. Si les institutions ont besoin de moins de taxidermistes que par le passé – ils étaient quinze au Museum dans les années 90, ils ne sont plus que quatre aujourd’hui – le métier n’est pas pour autant voué à disparaître : les collections auront toujours besoin d’être entretenues et enrichies, comme pour les événements ponctuels que sont les expositions temporaires.

Le commerce des animaux est très encadré. La Convention de Washington (1973) réglemente le commerce des espèces, faune et flore, menacées d’extinction. Elle concerne également le commerce des espèces naturalisées, celui des os, dents, etc… Au sein de la communauté européenne, chaque animal possède son certificat, qui doit l’accompagner partout. Enfin, en France, chaque naturalisation, exposition ou déplacement d’une espèce protégée doit faire l’objet d’une autorisation préfectorale.

Photographie de Doisneau : M. Gudefin, peignage et préparation de petits mammifères. 1942-1943

Ce qui réunit ces deux sortes de taxidermistes, c’est un même amour et un même respect pour la faune et la flore. La taxidermie n’est pas une pratique morbide ou barbare, elle est l’expression d’une grande curiosité et d’un intérêt profond pour la nature. Elle découle d’une envie de créer, de travailler avec les animaux et de « rendre immortel ce que la nature a rendu beau« . Les professionnels peuvent se mesurer entre eux lors de Mondiaux de la taxidermie. Il en existe de plusieurs sortes : pour les particuliers mais aussi pour les institutions. C’est à qui saura rendre le plus de vie à la dépouille qui lui a été confiée. La grande mission du taxidermiste, c’est paradoxalement à la fois la quête de l’illusion – de la vie – et celle de la vérité – de la posture.

Mais ça sert à quoi, tout ça ?

Laisser un commentaire

*