museum-histoire-naturelle-paris-taxidermie-histoire-techniques-metier-taxidermiste-jack-thiney

Taxidermie chérie : un point technique

A chaque type d’animal sa façon d’être naturalisé ! Les méthodes sont différentes selon qu’on a affaire à un mammifère, grand ou petit, à un oiseau, un poisson, un reptile ou un insecte. Dans ce dernier cas, on parle d’entomologie. Les taxidermistes se spécialisent dans un certain type d’animal car chacun présente des difficultés spécifiques.

 

Pour les grands mammifères, elle réside bien sûr dans leur taille. Souvent, les taxidermistes s’y mettent à plusieurs pour enfiler la peau tannée sur la structure. La naturalisation des poissons et autres animaux à peau visqueuse est particulièrement complexe et n’est élaborée que sur le tard. Morts, les poissons et reptiles perdent leurs couleurs. Le taxidermiste doit donc les repeindre et les vernir. Les oiseaux eux aussi peuvent perdre leurs couleurs mais, contrairement aux poissons et aux reptiles, on ne peut le recolorer : un oiseau décoloré est un oiseau perdu. Vous me direz que les plumeaux, eux, sont bien colorés. Oui mais… Il faut les plonger dans un bain de teinture, traitement qu’on ne peut appliquer à un oiseau. Sans compter que ce bain est monochrome, ce que sont rarement les oiseaux.

 

Jusqu’au XXème siècle, on organise encore des expéditions pour naturaliser des spécimens. Rassurez-vous, cette pratique n’a plus cours : aujourd’hui, les taxidermistes héritent des animaux décédés dans les zoo, les cirques, la nature ou fruits de la chasse. Le processus de naturalisation doit débuter le plus rapidement possible après la mort de l’animal, avant que des organismes nécrophages s’attaquent aux chairs et abîment la dépouille. Tout d’abord : le dépouillage : le taxidermiste retire les muscles, les graisses et les viscères de l’animal. Lors de cette opération, il doit se montrer particulièrement minutieux et ne pas laisser la moindre trace de chair sur la peau. Autrement, il court le risque de laisser prospérer ces organismes nécrophages (champignons, insectes, etc…) qui vont s’en prendre à l’animal naturalisé puis à toute la collection. Cette précaution est une question de conservation préventive.

 

Puis, le taxidermiste tanne la peau des mammifères. Cette opération sert à l’assouplir et à la protéger des bactéries, champignons et insectes qui pourraient l’attaquer. La peau est plongée dans plusieurs bains d’acide dont le dernier peut durer entre huit et quinze jours. On ne peut pas tanner les oiseaux. Pour eux, on utilise des produits antibactériens et la dessiccation naturelle, c’est-à-dire la déshydratation totale du corps.

D’où vient l’expression « d’empaillage » ? De la structure sur laquelle le taxidermiste dispose la peau tannée et traitée. D’abord en paille puis en bois, elle est maintenant fabriquée en métal. On la remplit ensuite de fibre, de plâtre ou de pâte à papier. Pour les poissons, la méthode est encore différente : on effectue un moulage directement sur la peau de l’animal. Ce procédé est coûteux mais plus précis. On l’emploie également pour certaines parties délicates du corps d’autres animaux, telles le groin, le bec ou les pattes.

Début du travail sur la structure. Copyright : Jack Thiney et Jacques Vekemans pour le MNHN

 

Jack Thiney prépare la structure d’un animal Copyright : Jack Thiney et Jacques Vekemans pour le MNHN

Avant-dernière étape en ce qui concerne les mammifères, le taxidermiste ajuste la peau sur le mannequin avant de la coudre, puis la laisse sécher un à trois mois. Enfin, il recolle les poils.

Jack Thiney enfile la peau tannée de l’animal sur la structure. Copyright : Jack Thiney et Jacques Vekemans pour le MNHN

Le plus souvent, les os sont conservés à part. Cependant, certaines fois on ne peut séparer la peau des os. C’est le cas par exemple pour les petits mammifères et les oiseaux. Retirer les os sans endommager la peau de l’animal serait trop compliqué, voire impossible, surtout en ce qui concerne les pattes ou les ailes. Sur la structure, le taxidermiste retire les os mais aussi les ivoires. Les défenses sont remplacées par des moulages en résine et placées en réserve. Cette mesure de sécurité protège les musées contre les tentatives de vol.

Jack Thiney installe les cornes de l’animal. Copyright : Jack Thiney et Jacques Vekemans pour le MNHN

Aujourd’hui, les recherches en taxidermie portent sur la structure. Elles visent à la rendre plus légère et solide.

Pour en savoir plus.

Encore plus !

Laisser un commentaire

*