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Sièges en société au Mobilier national

Aux heures les plus chaudes de la journée, je me réfugie au Mobilier national pour l’exposition Sièges en société. Bien que je baigne dans les arts décoratifs depuis longtemps, les chaises, fauteuils et autres n’ont jamais été ma tasse de thé. En cela, m’apprend l’expo, je ressemble aux collectionneurs qui reconnaissent une valeur artistique au siège sur le tard, vers les années 1800. Je me laisse facilement tenter cependant : je passe devant la belle affiche presque chaque jour et elle me trotte dans la tête.

La visite me ravit : elle offre une vision du siège très complète. Une première partie présente les nombreux métiers qui interviennent lors de sa fabrication : ébéniste bien sûr mais aussi sculpteur, doreur, ornemaniste, tapissier… Le parcours met également bien en avant la prééminence dont jouit ce dernier. Interprète des envies du commanditaire, le tapissier fournit la tenture qui décorera l’ensemble de la pièce.

Car le siège n’est pas conçu comme un élément isolé, au contraire ! Il s’inscrit dans un ensemble cohérent qui comprend tentures murales, rideaux, pare-feux de cheminées, canapés… Tous ces meubles partagent des éléments décoratifs communs, en particulier une même tapisserie. Cette cohésion est bien mise en avant par la scénographie, qui s’efforce de présenter les sièges dans leur environnement d’origine.

J’aurais toutefois apprécié que la typologie des sièges soit plus détaillée – et surtout définie. Qu’est-ce qui différencie un tabouret d’une chaise et d’un fauteuil ? Facile : c’est la présence – ou l’absence – de dossier et d’accoudoirs. Mais la différence entre un fauteuil et une bergère, vous la connaissez ? Et entre un fauteuil à la reine et un fauteuil en médaillon ? Entre une duchesse brisée (un plus beau nom de siège peut-il exister ?) et une méridienne ? J’ai beau lire beaucoup sur le sujet, les subtilités s’oublient facilement et j’aurais plus qu’apprécié une piqûre de rappel, voire un petit glossaire. Pas grave, je m’en occuperai moi-même. 😉

 

Pour ma plus grande joie, le siège n’est pas la seule star de l’exposition. La dernière salle expose une très belle sélection d’écrans de cheminées, y compris des créations très récentes pour un meuble que je pensais désuet. Je ne boude pas non plus mon plaisir dans la petite enclave « carte blanche » accordée à Michel Garcia – scénographe de l’exposition. Son choix de meubles et leur installation sur un miroir circulaire me séduit. La notion d’espace est brouillée par son reflet, au moins autant que par cet arbre surprenant, suspendu au plafond. En réunissant des meubles d’époques différentes, c’est un bel hommage que rend le décorateur au travail, toujours d’actualité, du Mobilier national.

 

Bilan de cette visite : il fait toujours aussi chaud quand je sors et je me tâte pour enchaîner avec l’exposition « Mode & femmes : 14-18 » à la bibliothèque Forney. L’envie d’écrire aura raison de ce projet. Si le début du parcours se révèle un peu austère en ne présentant que l’ossature des sièges, il faut considérer tout le mérite de cette introduction. Les salles attirent successivement l’attention sur un élément précis, technique et décoratif, du siège : sculpture, dorure, tapisserie… Jamais je ne pense les avoir vus avec tant de précision et d’acuité. En somme, une visite que je recommande chaudement.

Les informations pratiques.

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