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Marthe Oh, graphiste militante

Officiellement, depuis 2014, les graphistes ne sont plus intégrés à la liste des métiers d’art. Dans les faits, c’est un peu différent : ils sont encore nombreux à participer aux événements organisés par l’INMA, et aux Journées Européennes des Métiers d’Art en premier lieu. Ne soyons pas plus catholique que le pape ! C’est donc sans complexe que je dresse aujourd’hui le portrait de Marthe Oh, graphiste ; d’autant plus que sa spécialité est la sérigraphie – l’image imprimée sur un textile – qui, pour le coup, est bien reconnue comme un métier d’art.

Un vaste champ d’action

Marthe Oh étudie les arts appliqués à l’école Duperré – centrée sur la mode et le textile. L’étudiante profite du programme Erasmus pour suivre les cours de l’Universidad Cardenal Herrera, en Espagne, où elle se forme au design objet et graphique.

Depuis 2012, Marthe Oh œuvre comme graphiste et illustratrice indépendante. Son vaste travail autour de l’image s’articule entre graphisme, objet et textile. Ce dernier, avec l’image imprimée, est sa spécialité. La graphiste est de tous les fronts, sa production se situe à la croisée de différents domaines. Elle crée aussi bien des logos, des motifs que des affiches, des étiquettes que des packaging, des patchs thermocollants, tote-bags et foulards que des – nombreux – T-shirts. Cette énumération pourrait passer pour un éventaire à la Prévert mais il existe bien un point commun à tous ces éléments : il s’agit d’images avant tout.

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Ses inspirations, Marthe les puise dans la culture urbaine et en marge : dans son travail, elle mixe art brut, street art et roman graphique. Son regard est vif, son trait énergique. Son travail est remarquable pour au moins deux raisons : son talent et la cause pour laquelle elle s’engage.

Un engagement joyeux et ludique

Car Marthe Oh est une graphiste engagée et même militante.
Lors de la Gay Pride 2013, elle organise des ateliers de détournements de pubs et d’écriture. En novembre 2015, elle signe l’emballage de la Tombox, une « petite box fière » d’abord boîte à cadeaux pour les lesbiennes, qui promeut désormais le travail de femmes artistes. Au recto de la Tombox signée Marthe Oh, des petites scénettes inspirées des toiles de Jouy, dont est tiré l’inoubliable hérisson Spontex en tête d’article. Au verso, trois patrons de boîtes à monter soi-même avec ce même motif.

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La Tombox : sa toile de Jouy revisitée et ses trois formes de boîtes.

Toujours en 2015, à l’occasion de la Marche des Fiertés, elle imagine une T-Shirt pour les Dégommeuses, une association sportive et militante. Quand on rejoint les Dégommeuses, c’est pour jouer au foot ET lutter contre le sexisme et les LGBT-phobies. Pour elles, Marthe reprend un visuel féministe bien connu et l’adapte à l’univers sportif. Plus récemment encore, vous pouviez les croiser – elle et ses créations – au festival Loud and Proud, dédié aux cultures et musiques queer.

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Vous l’aurez compris : le travail de Marthe Oh interroge la représentation des genres et des sexes. C’est ce qui m’a plu dans son travail : ni les injustices, ni les dysfonctionnements ne sont mis en évidence. La graphiste ne dresse pas un état des lieux. Ce qu’elle montre, avec humour souvent, c’est un rapport différent au sexe et à la femme. Le sexe féminin, une moule ? Marthe le prend au mot. D’ailleurs, ce n’est pas la seule expression qu’elle traduit littéralement : comme Jeanne Picq, elle s’est attaquée au fameux « cœur d’artichaut ». Et cet hippocampe, j’ai ma petite idée sur le pourquoi de sa présence… Saviez-vous que chez cet animal, c’est le père qui porte les œufs ? De quoi méditer sur les missions « naturellement » attribuées à chaque sexe !

Depuis 120 Battements par minute, on connaît très bien le mot d’ordre d’Act Up-Paris : « une attitude positive et combative« . Si l’engagement de Marthe Oh n’a rien à voir avec la maladie, il me semble bien se rattacher à cet état d’esprit lorsqu’il s’agit de questionner le genre et ses poncifs.

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Son site internet et sa boutique en ligne.

Suivre Marthe Oh sur Facebook et Instagram.

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