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La belle saison muséographique

Le Petit Palais et la Fondation Custodia nous gâtent ! Déclaration d’amour aux expositions en cours dans ces deux institutions : « Les Hollandais à Paris », « Georges Michel » et autres. À ne pas manquer !

« Les Hollandais à Paris : 1789-1914 » au Petit Palais jusqu’au 13 mai

Rien – ou presque – ne saurait limiter mon enthousiasme pour cette exposition, qui est assurément la meilleure que j’aie jamais vue. Pour tout vous dire : je l’ai visitée 2 fois en 5 jours. Éclairage, scénographie, discours : tout y est irréprochable et élégant.

Le parcours est chronologique. Dans chaque salle, deux grands cartels ; l’un pour présenter le contexte historique et artistique, l’autre la biographie du peintre étudié. Que de découvertes !

J’ai été très émue par l’histoire du malheureux Johan Barthold Jongink : après un échec à l’Exposition Universelle de 1855, couvert de dettes et victime de l’alcoolisme, le peintre prend la décision de rentrer à Rotterdam. Ce retour au pays n’est d’aucune aide et Jongkind souffre désormais, par-dessus le marché, d’isolement. Sa situation est telle que ses amis français se cotisent pour payer son retour à Paris… où il connaît, enfin, un certain succès.

Je me suis surtout découvert une passion pour George Hendrik Breitner, l’alchimie parfaite entre les nabis et Degas. J’espère pouvoir vous parler un jour de lui de façon plus détaillée. 😊

Ami de Vincent Van Gogh et, comme lui, amateur de littérature naturaliste, il guette l’inspiration dans les quartiers populaires. Breitner est le premier, aux Pays-Bas, à réaliser des études de danseuses et de nus réalistes. Comme Bonnard, il prend de nombreuses photographies – qui lui serviront de modèles pour de futures compositions.

 

Comment ne pas penser à Bonnard face à ces jeunes filles sur un bateau ? Leurs robes, la touche du pinceau, tout me rappelle ce cher « peintre du bonheur ». Quant à ce kimono, il m’évoque irrésistiblement les peintures nabis du jeune Vuillard. Et cette femme penchée qui se recouvre avec pudeur ? L’influence de Degas est incontestable.

Assez d’éloges, venons en au « presque ». Les photos sont interdites, dans l’intégralité de l’exposition. Or, un certain nombre d’œuvres présentées viennent de collections françaises et sont tombées dans le domaine public. Interdire de les photographier est donc tout à fait scandaleux.

Les informations pratiques.

P.S : si j’ai pu prendre quelques photos, c’est que j’ai visité l’exposition à son ouverture… sous la neige. Avec tout le bazar causé par les intempéries, il manquait tant de gardiens que tout était permis.

« Georges Michel » … mais pas que ! à la Fondation Custodia jusqu’au 29 avril

La Fondation Custodia est, de coutume, assez discrète. Avec l’exposition « Georges Michel », elle semble enfin bénéficier de la médiatisation qu’elle mérite : articles de presse, panneaux publicitaires… Installée dans un bâtiment du XVIIIème siècle, la fondation dispose d’un très bel espace d’exposition, vaste et apaisant, au premier étage.

Georges Michel, le plus hollandais des peintres français. Ici, un moulin sous l’orage.

 

Le petit plus ici par rapport aux autres institutions, c’est qu’un livret, précieuse aide à la visite et aide-mémoire, est produit pour chaque exposition. À la façon d’un catalogue, il énumère les œuvre exposée et les accompagne d’un commentaire, précis et accessible. C’est comme si la fondation nous permettait d’emporter les petits cartels d’œuvres avec nous. Depuis le temps que je fréquente la fondation Custodia, je conserve tous les miens religieusement ; et les ré-utilise régulièrement !

Cette exposition « Georges Michel », c’est toutefois un peu l’arbre qui cache la forêt. Même si je l’ai appréciée, j’ai découvert au sous-sol de la fondation deux autres expositions encore plus enthousiasmantes : la première sur les portraits miniatures de la fondation – montrés pour la première fois -, la seconde sur ses nouvelles acquisitions sur papier.

C’est cette dernière que j’ai le plus appréciée. On y découvre une politique d’acquisition vaste et ambitieuse. Les œuvres datent du XVIème au XXIème siècles ; on y trouve des dessins, des gravures, des peintures et même une vidéo.

Florilège

Bien sûr, je ne pouvais que tomber sous le charme de cette grenouille morte mais d’autres œuvres m’ont encore plus marquée. Les gravures de Charles Donker tout d’abord, dont je ne présente ici que le Magnolia I. Son exploration des motifs de la nature – magnolias, pommes de pin, crabes… – à la plume ou en gravure est fascinante. De lui aussi, j’espère vous parler plus en détails à l’avenir.  😊

Il y a également ce trio de gravures à l’eau-forte : le Moufti, le Bacha de Caramanie et la Sultane grecque. En 1748, à l’occasion du Carnaval, une fête costumée est organisée à l’Académie de France à Rome. Quelques mois plus tard, Joseph-Marie Vien immortalise dans une série de gravures les costumes portés pour l’occasion. Fait amusant : la sultane grecque est, en vérité, campée par un homme car les femmes n’étaient pas admises à l’Académie à l’époque.

Samuel van Hoogstraten, Autoportrait de l’artiste dessinant, vers 1642.

 

Last but not least, comment passer à côté de ce dessin à la plume de Samuel van Hoogstraten ? Élève de Rembrandt, il réalise cet autoportrait peu après être entré en apprentissage. Si vous regardez attentivement le bras droit du jeune homme, vous verrez que son dessin a été repris de quelques traits à l’encre brune. Il s’agit vraisemblablement d’un témoignage rare et direct de la façon dont le maître donnait cours. Incroyable, non ?

Les informations pratiques.

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