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Les expos qu’on peut voir cet été

Il fait chaud, vous avez envie de vous cultiver, de vous délecter ? Pendant nécessaire aux expos de l’été à éviter, découvrez dans quels musées vous mettre au frais !
Cet article sera mis à jour régulièrement – plus que le précédent je l’espère.

Le pouvoir des fleurs, Pierre-Joseph Redouté + parcours contemporain des métiers d’art au musée de la Vie Romantique

Si la campagne vous manque, si les espaces verts parisiens ne suffisent plus à étancher votre soif de nature, cette exposition est une bonne alternative à Jardins au Grand Palais – inoffensive mais inconsistante.

J’ai beaucoup aimé cette exposition, technique et instructive. Saviez-vous par exemple comment on fabrique le vélin ? Pardonnez mon ignorance, mais j’ai toujours pris cela pour du papier. Il s’agit en vérité d’un parchemin très fin, obtenu à partir de la peau de veaux morts-nés. On y apprend également que les planches de Pierre-Joseph Redouté, si elles ont l’aspect du dessin, n’en sont pas moins des gravures ! Les cartels sont succincts et précis. À la fin du parcours, sans peine, on se sent plus savant.

Je me suis surtout passionnée pour la seconde partie de l’exposition, consacrée au motif floral dans les arts appliqués. Redouté prend à cœur de fournir aux artisans des recueils de motifs et vend de nombreuses planches à cet effet. Parmi ses clients, il compte par exemple la manufacture de Sèvres.
La fin de l’exposition délaisse les manufactures et la région parisienne pour s’intéresser à l’industrie lyonnaise. Pour moi, c’est la cerise sur le gâteau : enfin, on a l’occasion de voir les collections du musée des tissus de Lyon bien éclairées. Et on a même le droit de les photographier !

 

Dans l’optique d’étudier la persistance du motif floral dans les arts décoratifs, la très bonne idée du musée est d’inviter plusieurs artisans d’art à présenter leurs créations au sein de l’hôtel Scheffer-Renan. À mon grand regret, cette initiative est peu médiatisée. On découvre pourtant des œuvres étonnantes, aux techniques variées : céramique, plumasserie, broderie…

Récapitulons : de belles œuvres, un propos consistant et l’occasion de redécouvrir la collection permanente. Cette fois, vous ne vous contenterez pas de vous installer au café !

 

Pour autant, tout n’est pas parfait et j’ai trois petits reproches à adresser au musée.
1) que les cartels dédiés aux métiers d’art ne soient pas plus détaillés, d’autant plus que ceux consacrés à Pierre-Joseph Redouté prouvent que les équipes n’ont pas peur de la vulgarisation.
2) que la vitrine consacrée aux miniatures soit « illisible » : ne disposant pas d’un éclairage intérieur spécifique, aussitôt qu’on veut voir les tableaux de plus près, elle s’assombrit car notre silhouette empêche le passage de la lumière.
3) que certaines pièces de céramique ne soient pas bien visibles non plus. Si je dois me mettre à genoux pour regarder un service à thé, c’est qu’il est décidément exposé trop bas !

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Paysages japonais : de Hokusai à Hasui au musée Guimet

Je ne suis pas particulièrement sensible à l’art asiatique et c’est une gageure de m’y intéresser. Pari réussi pour cette exposition du musée Guimet !

J’ai beaucoup apprécié l’approche linguistique du parcours. Les cartels expliquent la construction des idéogrammes : comme en allemand, on peut former un nouveau mot à partir de deux autres, en les juxtaposant. Ainsi, l’idéogramme signifiant « paysage » est formé de ceux désignant la montagne et la mer. La seule compréhension du mot donne déjà un bon aperçu de ce genre ancien.
Ces mêmes cartels en revanche nécessitent parfois une deuxième lecture. Les phrases ne m’ont pas toujours semblé très claires et auraient gagné, je pense, à être plus courtes.

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C’est l’occasion de voir la célébrissime Vague de Hokusai. Pour la protéger d’une exposition continue à la lumière, le musée la présente sous un voile que le public peut soulever à loisir. Je salue ce compromis entre attentes du visiteur et exigences de conservation préventive.
Il m’a semblé enfin que l’exposition entretenait un bon équilibre entre estampes célèbres et plus confidentielles. J’ai fait quelques belles découvertes, en particulier ces deux poneys à l’air abattu sous la neige. Pour finir, j’ai été très heureuse de voir les Chutes d’eau de Kirifuri, au mont Kurokami, tirées du Voyage au fil des cascades des différentes provinces d’Hokusai. Cette cascade m’a rappelé Le Manteau de la vieille dame, le conte de Michel Ocelot que je préfère dans Princes et Princesses.

Un gros bémol en revanche, récurrent dans cet espace d’exposition : la saleté des vitrines. Elles sont pleines de poussière et de traces de doigts (ou de nez peut-être ?), qui gênent parfois la contemplation paisible des œuvres exposées.
L’après-midi s’est achevé avec la visite des expositions 113 Ors d’Asie et Porcelaine – Chefs d’œuvre de la collection Ise mais celles-là ne m’ont pas vraiment conquise.

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Le Mobilier National s’expose au ministère de la Culture et de la Communication

Je le confesse : les expositions du Mobilier National sont mon péché mignon. Alors celles SUR et AVEC le Mobilier National, imaginez un peu !

mobilier-national-exposition-ministere-culture-communication-ecorche-fauteuilObjectivement, celle-là est sacrément chouette. En quelques panneaux, elle présente très bien l’histoire et la diversité des missions qui lui sont confiées : préserver et restaurer, meubler les bâtiments officiels mais aussi promouvoir l’utilisation de technologies de pointe dans la création contemporaine de mobilier. Cette dernière tâche relève de l’ARC : l’Atelier de Recherche et de Création du Mobilier National. Car le Mobilier National rassemble plusieurs lieux et entités : manufactures des Gobelins, de Beauvais, de la Savonnerie… mais aussi de nombreux ateliers, qui prennent en charge la création et la restauration du mobilier.

Le grand mérite de cette exposition, c’est que l’on peut y passer une vingtaine de minutes seulement et avoir une idée très claire de ce que sont le Mobilier National et ses mission – mais on peut tout aussi bien y passer plusieurs heures ! Si cela vous est possible, je vous conseille de la visiter un mercredi après-midi : des employés et des apprentis du Mobilier National seront présents pour des démonstrations, des initiations et surtout répondre à toutes vos questions. Si ce n’est pas possible, pas de panique : des films courts présentent précisément les gestes exécutés dans les différents ateliers.

Si cette exposition a un défaut, il tient plus à son fractionnement et au manque de signalisation. Le parcours se divise entre deux espaces : dans l’immeuble des Bons enfants (à deux pas du musée du Louvre) et le long des arcades du Palais Royal (celles immédiatement à droite quand vous venez du Louvre). Mais quand on sort des Bons enfants, rien n’indique que la visite continue, et inversement ! Alors que les belles vitrines du Palais Royal, consacrées aux ateliers et métiers du Mobilier National, sont alléchantes et sauraient capter un public de passants. C’est ainsi que, faute de signalétique, on peut facilement louper la moitié de l’exposition.
Vous, au moins, en êtes désormais avertis. Bonne visite !

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Christian Dior, couturier du rêve au musée des Arts Décoratifs

Je me suis rendue à l’exposition Dior pas très confiante. J’avais peur de perdre la tête comme les autres blogueurs et de prendre 150 000 photos, épuisant la patience de mes accompagnatrices. J’avais peur d’une simple opération marketing, vaine et élogieuse à l’excès. J’avais peur enfin d’une scénographie à la « Fashion Forward », exposition haïe s’il en est, avec vêtements invisibles et alarmes qui donnent de la voix. À ces dernières, on n’échappe pas non plus cette fois mais elles doivent être plus judicieusement placées : on les entend (beaucoup) moins.

Je ne vais pas faire ma mauvaise langue plus longtemps puisque j’ai sincèrement admiré cette exposition. Elle est, à mon avis, de celles qui ne sont pas faciles à organiser, qui suscitent de fortes attentes et provoquent d’effrayants mouvements de foule. Un peu comme Vermeer au Louvre, sauf que là, c’est bien géré.

Les deux premières salles, plongées dans l’obscurité, n’étaient pas pour me rassurer. Elles exposent principalement des documents d’archive (photographies, lettres…), quelques robes également mais protégées du (pourtant faible) éclairage par un épais rideau. À l’ouverture du musée, on se marche un peu dessus. Les choses s’améliorent déjà dans la troisième salle – on est alors encore loin du tiers de l’exposition – et dans la quatrième, ça change du tout au tout. On respire, on s’écarte et ça vaut jusqu’à la fin du parcours. Pour la gestion des foules donc, bravo.

musee-arts-deocratifs-paris-ensemble-bonne-conduite-dior-yves-saint-laurentLe propos à présent. Effectivement, il est parfois très complaisant – surtout lorsqu’il s’agit de présenter les différents couturiers à l’œuvre après Christian Dior. Mais pour une exposition aussi mainstream et donc l’objectif principal est, je crois, de s’en mettre plein les yeux, je l’ai trouvé très complet. J’ai particulièrement apprécié les cartels dédiés aux « directeurs artistiques » du maquillage – j’ai malheureusement oublié l’intitulé exact de leur poste. Leur comparaison met en valeur les inspirations et le style de chacun. Les joailliers ne sont pas en reste et j’ai beaucoup aimé cette incursion vers des métiers plus discrets de la haute couture. Au cours du parcours, on croise même une brodeuse, en chair et en os, qui fait une démonstration. Ce qui surprit beaucoup une petite fille à mes côtés : « Mais pourquoi elle est vivante la dame ? ». Il est toujours bon de rappeler l’actualité des métiers d’art. 😉

La scénographie, je ne vous apprend rien, est époustouflante, royale. Elle en fait même parfois un peu trop mais là encore, ça me semble convenir à la fois aux attentes du public et au titre de l’exposition : « Christian Dior, couturier du rêve ». On en sort effectivement émerveillé et ravi, un peu plus savant même. C’est ce que j’admire beaucoup dans cette exposition, sa capacité à répondre aux attentes d’un public extrêmement vaste sans toutefois frustrer les habitués de l’institution.

Alors, certes, le rêve a un prix : la gratuité ne s’applique pas pour cette exposition. Mais le tarif réduit coûte toujours moins cher que la plupart des séances de cinéma. Il faut prendre en compte aussi que le parcours sur déploie sur l’espace habituellement occupé par DEUX expositions, sans qu’aucune fatigue ni lassitude ne se fasse sentir. Et on en a pour son argent tant les robes sont nombreuses, bien exposées et couvrant toutes les époques. On peut même admirer l’avant-dernière collection ! Une sortie que je recommande donc chaudement – comme la suivante.

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David Hockney au centre Pompidou

Pour être franche, je me suis retrouvée à cette exposition sur un malentendu. David Hockney, ce n’est ni ma zone géographique, ni ma période de prédilection et le peu que j’avais vu de son œuvre ne me donnait pas particulièrement envie d’en savoir plus.

Et pourtant ! Au cours de l’exposition, j’ai réellement eu la sensation de découvrir le peintre américain et, chemin faisant, je me suis prise à aimer son travail… Pas dans son intégralité évidemment. Ses collages de photos, s’ils m’ont intéressée, ne m’ont pas beaucoup émue. De même, la série emblématique des piscines, dont la surface trop lisse est pour moi rédhibitoire.

Dès le début du parcours cependant, des éléments me titillent. C’est une construction de l’espace toujours surprenante, intrigante. C’est un indéniable, époustouflant talent pour rendre la transparence et le clapotis paresseux de l’eau. Plus on avance, plus j’aime et je suis sincèrement surprise de voir à quel point.
Mes sections préférées : les portraits, qu’ils soient peints ou dessinés, qu’ils représentent la famille ou répondent à des commandes. Leur apparence figée ne les empêche pas de susciter l’imagination. Un simple regard, une attitude ou la disposition des objets suffisent à en tirer mille histoires et une psychologie. L’humour – pas toujours tendre – qui se dégage de ces portraits m’a profondément plu.
Pas encore autant que les paysages américains. David Hockney peint la Californie commePierre Bonnard peignait le Midi. Ce n’est plus l’apparence lisse et rigide des piscines. La trace du pinceau se fait plus présente, la toile apparaît par endroits, intacte. Les couleurs même ont changé : elles flamboient et détoneraient bien dans l’univers aseptisé, exposé quelques salles avant.

Je n’ai qu’une critique à faire à cette exposition : celle d’être « no photo ». Autrement, je salue sa pédagogie, sa gestion des flux de personnes. Ne craignez pas de braver la foule : les tableaux de David Hockney sont majoritairement immenses, les salles du centre Pompidou vastes. On ne se bouscule pas et on n’a même aucune peine à voir les dessins plus petits, exposés dans des espaces plus étroits.
Je suis épatée surtout par les cartels qui m’ont convaincue de la culture, peut-être même de l’érudition, de David Hockney. Son œuvre, son approche se transforment et ce n’est ni un caprice, ni une attitude factice, digne d’un coup marketing. Très bien rédigés – exemplaires à mon sens – les cartels nous accompagnent dans le cheminement de l’artiste.

Courrez-y !

 

 

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