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Bijouterie, joaillerie : quelle différence ?

Comment différencier la bijouterie de la joaillerie, et cette dernière de la haute joaillerie ? Pour cela, le prix – quand il est donné – est un excellent indicateur. Mais la distinction s’opère dès l’atelier : elle tient à la qualité des pierres utilisées et à l’intention visée. On peut la comparer à celle qui existe entre le prêt-à-porter, le sur mesure et la haute couture. Voyons voir de plus près ce qu’il en est.

La bijouterie

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Un bijou vintage de chez Vuitton, aperçu chez Bimier Antiquités

 

La bijouterie, c’est le travail des métaux plus ou moins précieux : l’or, l’argent, le platine mais aussi le bronze et le laiton. C’est surtout par son intention qu’elle se distingue de la joaillerie – et plus encore de la haute joaillerie. Le but de la bijouterie est de créer des pièces reproductibles à l’infini. Son maître-mot : standardisation. Elle emploie donc des pierres calibrées, aptes à intégrer les montages conçus au préalable.

La joaillerie

 

En joaillerie en revanche, on inverse la logique. Le travail du joaillier n’est pas tant celui du métal que de mettre en valeur la pierre précieuse, celle qu’on appelle depuis 2002 “gemme”. Sont bien sûr considérés comme des gemmes les traditionnels diamants, saphirs, émeraudes et rubis mais également un certain nombre de pierres transparentes, comme la citrine, l’améthyste ou l’aigue-marine. En joaillerie donc, le point de départ est la pierre, taillée à la main et donc unique. Le montage du bijou vise à mettre en valeur les qualités de cette dernière.

 

 

 

La haute joaillerie

La haute joaillerie de Boucheron : Cape de Lumière, en or tissé

 

Quant à la haute joaillerie, c’est le lieu de tous les possibles. L’atelier de haute joaillerie est avant tout un espace d’expérimentations, de prouesses techniques. Il n’utilise que des pierres d’exception, d’une fabuleuse valeur. Ici, on ne se préoccupe plus du confort de celui qui porte le bijou, ni de la robustesse de ce dernier. Et pour cause : ces parures fantastiques n’ont pas une longue durée de vie.

En vérité, souvent, ces bijoux ne sont pas conçus pour l’achat mais pour le prêt. Portés une fois pour de grandes occasions, comme le festival de Cannes, ils passent plus de temps au coffre que sur un corps. Souvent, ils sont démontés quelques mois plus tard et leurs pierres réutilisées.

 

 

 

À chacune son intention

Alors, tous les artisans rêvent-ils de haute joaillerie ? Non, en dépit du prestige et de l’aura presque magique dont elle bénéficie. La haute joaillerie n’est pas réservée aux bons élèves et la bijouterie aux « cancres ». C’est en fonction de leurs aspirations et de leurs envies que les étudiants se tournent vers l’une ou l’autre des formations. Car concevoir et fabriquer un bijou ne se limite pas à manipuler des matières précieuses.

C’est créer un objet intime. On le porte parfois toute sa vie, comme les alliances ; parfois juste pour soi, comme ces médailles dissimulées sous l’épaisseur d’un pull. C’est participer à une histoire : combien de bijoux offerts à l’occasion d’un événement, d’une fête ? Le bijou, quelle que soit sa valeur marchande, est lié à notre personnalité. Contribuer à l’expression de cette identité peut être une motivation aussi forte que l’ambition technique ou l’envie de sublimer des pierres d’exception.

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Ma collection de fausses perles. Elle n’a absolument aucune valeur mais je la conserve précieusement : elle permet d’outrer avec humour mon style tellement BCBG !

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