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Bimier Antiquités

Avez-vous déjà aimé un lieu au point de changer vos habitudes pour le fréquenter plus souvent ? Avant, j’allais voir mes parents le dimanche, plus rarement le samedi. Désormais, je m’arrange pour passer cet après-midi avec eux… chez l’antiquaire.

Les antiquaires et moi, c’est une histoire d’amour toute récente. Petites, mes parents nous traînaient – mes sœurs et moi – chez ces maudits « tiquaires » . Tout y était fragile, plus ou moins entassé. Il fallait être sages comme des images car pour de vieux objets, un enfant est toujours menaçant. D’abord, ce furent donc des bouderies constantes et des heures passées à se languir dans la voiture.

Puis il y eut cette brocante, La Ferme. Mon intérêt pour les antiquités avoisinait toujours le néant mais cette bâtisse était un formidable terrain de jeux. Les meubles semblaient plus rustiques, moins fragiles qu’ailleurs. L’ensemble, immense, offrait la possibilité de fureter et de se faufiler, à défaut de courir. L’escalier conduisant au premier étage surtout était réputé pour sa pente raide et l’irrégularité de ses marches. Là-bas, je menais une vie aventureuse et fantasmée.

Mon amour pour les antiquités ne s’éveilla qu’au contact de Monsieur Lamy. Dans sa boutique citadine, qui n’avait de commun avec La Ferme qu’un escalier tout aussi périlleux, j’attrapais définitivement le virus. J’y entrais comme dans une autre époque, à la recherche des habitudes et subtilités d’une vie quotidienne passée. Premières trouvailles, premiers coups de foudre. Premières surprises aussi, comme en feuilletant ce petit agenda de femme, fort heureusement conservé. Aux rendez-vous avec la coiffeuse, la camériste, aux déjeuners et dîners mondains succédait un jeudi, simplement barré de la mention « REPOS ».

Enfin, aujourd’hui, Monsieur Bimier. J’en ai vu passer des trésors dans sa boutique, caverne d’Ali Baba où cohabitent des objets du XVIème siècle jusqu’aux années 1970. Voisinage insolite et harmonieux d’ivoires asiatiques, d’extravagants bouchons de radiateurs automobiles, d’accessoires raffinés et de flippers. Sans oublier les « classiques » : sculptures, vases d’Émile Gallé, meubles ornés de marqueterie et de bronzes dorés…

Ce que j’aime dans sa boutique, c’est le caractère avec lequel les objets sont rassemblés. Un antiquaire, plus qu’un galeriste, c’est en quelque sorte un libraire. Sa boutique n’intimide pas, au contraire. Chaleureuse, animée, celle de Monsieur Bimier me plonge dans un étrange état de contentement, l’esprit à la fois apaisé et à l’affût de la moindre nouveauté.

L’antiquaire, un commerçant de proximité ? Assurément tant on développe avec lui une connivence, une réelle complicité. Il connaît nos goûts mais en sait plus, en voit plus. Quand le libraire pousse à la découverte, l’antiquaire crée la surprise, dès le seuil de sa boutique passé. Soudain, on tombe nez à nez avec l’objet qui nous plaît et qu’on n’aurait pas imaginé. Je vais chez lui comme au musée : en quête du coup de foudre. Mais chez lui, j’ai une chance de l’en rapporter…

Si a priori j’aime tous les antiquaires – car ils font souvent commerce de produits de l’artisanat d’art et permettent une intimité avec les arts décoratifs que nul autre lieu ne permet – il n’y en a qu’un pour qui j’éprouve un sentiment de pleine confiance. Pour lui rendre visite, direction le 165, avenue Henri Barbusse, Bondy.

Bimier Antiquités
Ouvert du mardi au vendredi : 15h-19h
Le samedi : 10h-12h / 15h-19h
michelbimier@gmail.com

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