À propos

Les métiers d’art, c’est quoi ?

Un point technique

L’appellation “métiers d’art” concerne 281 professions. Penchons-nous un peu sur ce texte, daté du 18 juin 2014 :

“Relèvent des métiers d’art les personnes physiques qui exercent une activité indépendante de production, de création, de transformation ou de reconstitution, de réparation et de restauration du patrimoine, caractérisée par la maîtrise de gestes et de techniques en vue du travail de la matière et nécessitant un apport artistique”.

Ce texte est extrait d’une loi primordiale pour les métiers d’art : elle reconnaît leur existence légale. C’est pas trop tôt ! Car ces métiers existent depuis plusieurs siècles et font appel à des techniques tout aussi anciennes.

Pour définir les métiers d’art, il y a donc deux éléments à retenir. D’abord, ils se caractérisent par la transformation manuelle de la matière. Ensuite, ils ont (pardonnez-moi l’expression) le cul entre deux chaises : un bout de fesses dans la restauration du patrimoine – puisqu’ils maîtrisent les techniques d’époque -, l’autre dans la création contemporaine – d’objets utilitaires comme d’œuvres d’art.

La liste complète des métiers d’art est consultable ici.

Pour une présentation encore plus détaillée, vous pouvez jeter un œil à cet article.

Attention : blog non exhaustif !

Je distingue également les métiers d’art de l’artisanat car il existe, à mon sens, une différence de degrés. L’artisan, comme l’artisan d’art, exerce un métier manuel ; leur activité se définit par la transformation de la matière. Les métiers d’art cependant se distinguent par leur excellence et leur rareté. Ils font appel à des savoir-faire ancestraux mais ne se contentent pas de perpétuer ces techniques : ils les enrichissent d’apports modernes, tant dans l’exécution que dans la conceptualisation de l’objet.

À cause de cette distinction, je parle essentiellement d’arts décoratifs. Gardez à l’esprit cependant que l’artisanat ne se limite pas à ce secteur. Je pense notamment à tous ceux qu’on appelle “métiers de bouche” : fromager, boulanger, chocolatier, boucher… et, depuis peu, les cuisiniers. Bref, si vous souhaitez célébrer l’artisanat, n’hésitez pas à le faire autour d’un bon repas !

Bruxelles-old-masters-museum-onbtbitje

Le projet

Mon ambition, avec ce blog, est de tordre le coup à quatre idées reçues :

  • Les métiers d’art, voie de garage ?

Trop souvent, on méprise encore en France les métiers manuels : déconseillés aux bons élèves, imposés aux cancres… Mais ces filières ne sont pas des pis-allers. J’en veux pour preuve les reconversions, toujours plus nombreuses, que suscitent ces professions.

  • Les métiers d’art, cloîtrés dans les musées ?

Les artisans d’art sont effectivement les gardiens du patrimoine. Ce sont eux qui réparent, reconstituent l’héritage du passé : mobilier, objets utilitaires ou décoratifs, éléments architecturaux… Leur champ d’action ne se limite pas pour autant à la restauration. Encore aujourd’hui, les artisans produisent du mobilier, des objets, des œuvres qui nous sont utiles et agréables.

  • Les métiers d’art, dépassés par la modernité ?

Oh que non ! Produit fabriqué localement, à la main et personnalisable : les métiers d’art répondent à des tendances actuelles de consommation. Leur engagement ne s’arrête pas là. Via leurs créations, les artisans transmettent des idées et des convictions : en faveur de l’écologie, de l’égalité des sexes ou des chances… Les causes défendues sont nombreuses. Techniquement aussi, les métiers d’art se mettent à la page : entre découpe laser, imprimante 3D et partenariat avec des Fablabs, ils sont à la pointe de la modernité.

  • Métiers d’art, métiers de luxe ?

Pas nécessairement. L’industrie du luxe est incontestablement friande en métiers d’art mais nombre d’artisans exercent leur activité de façon indépendante et leurs prix ne s’envolent pas nécessairement vers le firmament.

Et moi, et moi, et moi…

Quant à moi, je suis diplômée en muséologie, communication et – dans un an si tout se passe bien – en gestion du patrimoine culturel. Cela fait bientôt trois ans que je fréquente les métiers d’art, au gré de rencontres, visites d’ateliers, de structures et d’événements dédiés.

Si les métiers d’art sont mon cheval de bataille, je suis curieuse de nature et m’autorise quelques excursions thématiques, au fil de mes lectures et visites. Passionnée par les XVII-XVIIIe siècles, attirée par l’histoire sociale et la biologie, férue de danse et des arts du cirque, j’aime, par dessus tout, les mots. Les bons mots, les mots justes, les mots vulgaires – et donc les ruptures de ton. Vous voilà prévenus.

Craftsdigger, c’est l’aboutissement de presque deux ans de blogging et tâtonnements. C’est un nom qui me convient parfaitement : pendant hip-hop à ce sous-titre plus sérieux et moins clivant – L’Observatoire des Métiers d’Art -, il dit bien mon envie de dénicher des pépites, de faire découvrir un secteur dans ses moindres recoins… et mon amour du second degré.  😉

Sur Facebook et Twitter, retrouvez mes conseil, l’actualité du secteur et l’avancée des prochains articles.

Sur Instagram, découvrez mes coups de cœur au musée !

J’espère que la lecture de ce blog vous plaira.
Bonne visite !

craftsdigger-fanny-duverger-portrait